Comment se produit le sel
À l’époque de son apogée, on dénombrait dans la vallée plus de cinq mille plateformes d’évaporation qui, au total, occupaient une superficie de 95.233 mètres carrés.
La période d’élaboration de sel varie annuellement en fonction des conditions climatologiques. Elle commence généralement en mai et se termine en octobre, la période la plus productive allant de juin à septembre, car à partir de ce mois, les longues nuits retardent le processus d’évaporation et les pluies constantes abîment le peu de sel qu’on peut obtenir.
Le processus de fabrication de sel comprend plusieurs étapes. Il commence par “l’emplissage” des bassins avec une quantité de liquide qui oscille entre deux et quatre centimètres (environ deux pouces). Selon le mémoire des salines rédigé par A. Herrán en 1883, la saumure tardait à prendre, en moyenne, quelque soixante heures quand le thermomètre marquait à l’ombre vingt-quatre degrés. Si la température augmentait entre trois et quatre degrés, le processus s’accélérait environ dix heures, mais si la chaleur tombait à seize ou dix-huit, on n’obtenait pas de résultats avant que ne s’écoulent entre trois et quatre jours complets.
Quand le soleil et le vent commencent à évaporer l’eau, il se forme des cristaux en surface –connus comme fleurs de sel- qui augmentent de taille au fur et à mesure qu’ils s’unissent. Dès que leur poids dépasse la tension superficielle de l’eau, ils tombent au fond, le produit final se dénommant sel de mota.
Durant ce cycle, il est nécessaire de “brasser” l’eau salée quand elle commence à prendre. Ainsi, on obtient que la cristallisation se produise de manière uniforme et l’on évite que le produit n’adhère à la surface des bassins. Pour éviter que le sel ne s’assèche trop, les paludiers arrosent les bassins de manière continue avec de la saumure préchauffée dans les puits de petite taille appelés réchauds.
Une fois que le sel cristallise, mais avant que toute l’eau ne s’évapore entièrement, on procède à sa récolte. Cette opération s’effectue à l’aide du las, avec lequel on entraîne le sel depuis le périmètre du bassin vers le centre, engendrant un petit amoncellement de sel. Là, on le jette dans des paniers dont les rainures permettent que le sel s’égoutte avant de le stocker. Ce processus que chaque paludier réalise dans son exploitation s’appelle "entrer le sel", et consiste à l’introduire dans les carreaux à travers les petits creux ou ouvertures présents à la surface des bassins.
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